top of page

Cabinet de Curiosités

  • Photo du rédacteur: Amandine Lippi
    Amandine Lippi
  • 19 août 2021
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 juil. 2024


Consignes et Contraintes

Vous êtes d’éminents scientifiques et vous avez découvert de nouvelles créatures. Présentez les différentes preuves de l’existence de ces bêtes. Toutes les preuves (dessins, preuves matérielles, photographies et textes scientifiques) doivent être exposées et organisées de manière cohérente (logique, harmonieuse, etc.). L’objectif étant, à la manière de Joan Fontcuberta pour son exposition Fauna, de créer le doute chez le spectateur. L’ensemble doit paraître vraisemblant.


Vocabulaire

· Exposition : Présentation au public.

· Bestiaire : Recueil de textes illustrés sur les animaux.

· Cabinet de curiosités : Les cabinets de curiosités désignent, au XVIe et XVIIe siècles, des lieux dans lesquels on collectionne et présente une multitude d'objets rares ou étranges représentant les trois règnes : le monde animal, végétal et minéral, en plus de réalisations humaines.



Références aux champs artistique et culturel :


Cabinet d'art et de curiosités, 1636, Frans Francken le Jeune


La naissance des cabinets de curiosités :

C’est à partir de la Renaissance, que l’on commence à récolter des objets mystérieux et insolites. Ils attisent la curiosité de part leur caractère extraordinaire et font alors, dès la seconde moitié du XVIème siècle, l’objet d’expositions ouvertes à des visiteurs privilégiés. C’est ce que l’on nommera des cabinets de curiosité (petits musées scientifiques). Il s’agissait de faire partager des connaissances, d’échanger quant à ces découvertes improbables faites dans un monde lointain, illustrant nos imaginaires. Un engouement qui deviendra également source de motivation à la réalisation de grands voyages.


Le Cabinet de curiosités, Domenico Remps, 1690, Florence


Mais attention, "science réelle" et "fausse science" cohabitent au coeur de ces expositions. En effet, parmi les curieux objets présentés on trouve des animaux empaillés bien étranges, des squelettes, des objets ethnographiques, des minéraux, des plantes séchées... Mais également, des langues de dragons, des cornes de licornes, des glaces éternelles, etc. Des marchands peu scrupuleux vendaient une fortune aux scientifiques passionnés des "preuves" de la réalité de ces créatures mythiques. Car il faut savoir qu'au XVIIème siècle, on était encore convaincu que la licorne foulait bel et bien le sol de nos forêts, alors qu'on ne pouvait croire en l'existence d'autres animaux comme la girafe. Les marchands vont jusqu'à assembler des animaux (à la manière de Fontcuberta ou Thomas Grünfeld), par travail de taxidermie, pour faire croire à l'existence de chimères.


Gravure issue du Musei Wormiani Historia, 1655,

montrant l'intérieur du cabinet de curiosités d’Ole Worm


Exemple de tromperie : Les marchands vendaient à prix d'or aux collectionneurs des rostres (cornes) de narvals comme étant des cornes de licornes.


Les cabinets de curiosités existent-ils encore aujourd'hui ?

Il vous est encore possible aujourd'hui de visiter nombre de ces lieux si vous le souhaitez. D'ailleurs, si vous êtes curieux, voici un site qui regroupe tous les cabinets de curiosités d'Europe : Curiositas


Mais sans partir trop loin, en voici un que tu peux aller visiter non loin de chez toi : « La Chambre des Merveilles » du Musée des Confluences, à Lyon. Le musée des Confluences, à Lyon est un musée d’histoire naturelle, d’anthropologie, des sociétés et des civilisations. Il possède son propre cabinet de curiosités : La Chambre des Merveilles. Il s’agit d’une petite pièce qui regroupe et présente une collection de 800 curiosités.


Parodie d'un cabinet de curiosités :

Première exposition Fauna secreta par Joan Foncuberta et Pere Formiguera au musée Zoologique de Barcelone en 1989. (Un livre a également été édité sous le titre Fauna) Fauna secreta est une exposition d’étranges photographies immortalisant un bestiaire fort étonnant. Ces photos truquées sont accompagnées de textes, de dessins. Fontcuberta prétend que l’ensemble a été réalisé et collecté par un soi-disant zoologiste (un certain professeur Ameisenhaufen) au début du XXème siècle. Cette collection tend à perdre le spectateur : il s’agit de le convaincre de la véracité de ce qu’il voit. Cet ensemble documentaire regroupe des animaux encore non répertoriés par la science.

La collection est impressionnante, on y compte un mélange de photographies, des clichés sur verre ébréché, des radiographies, des notes manuscrites et dactylographiées, des carnets, des listes, des coupures de journaux, des documents vieillis, des échantillons, des spécimens animaliers empaillés et en bocaux, des squelettes, des fragments osseux.

La scénographie (mise en scène/présentation) est étudiée afin de renforcer encore l'illusion. Foncuberta emprunte aux dispositifs de présentation des expositions scientifiques. L'ensemble parait crédible : cartels jaunis, vitrines, outils scientifiques, cartographies, panneaux didactiques, noms en latin, schémas, croquis et dessins (observation des animaux dans leur milieu naturel, étude de leur morphologie, leur comportement, leur nourriture, leur habitat, leur mode de reproduction, dissections…), enregistrements sonores (animaux), vidéo (présentation de la sœur du Professeur)… Chaque détail est important, comme des pièces à convictions, chaque élément joue le rôle de preuve auprès du spectateur de l'authenticité de ce qu'il voit.


Henri-Matisse-Goldfish.jpeg
17942276518379050.jpg
Capture d’écran 2023-03-25 à 16.35.16.png
ee698b17d4c0855f089ec0c7171010f5.jpg
make-art-not-war-shepard-fairey-obey-lithograph_edited.jpg
346127513_791087965652923_7809887968838160892_n.jpg
die-jungfrau.jpg
18046439395150681_edited.jpg

À propos

Amandine LIPPI

Enseignante d'arts plastiques au collège les Allinges

Saint-Quentin-Fallavier (38)

 

En savoir plus

 

Recevez notre newsletter

Merci pour votre envoi !

© 2020 par Amandine LIPPI. Créé avec Wix.com

bottom of page